100 best albums of the 1990’s - les 100 meilleurs albums des années 1990

14012010

 

  1. Alanis Morissette : Jagged Little Pill : pour moi, c'est simplement l'album que j'apprenais à écouter en pleine adolescence, avec les soirées entre potes qui vont avec… emblématique.
  2. Deftones : Around The Fur : une claque, Chino Moreno, “Be quiet and drive (far away)” et un mur du son infranchissable.
  3. Bic Runga : Drive : la rage tendre de cette jeune artiste qui nous vient tout droit de Nouvelle-Zélande m'a résolument conquis.
  4. Massive Attack : Blue Lines : un ovni, un truc qui ne ressemblait à rien et une façon bien particulière de symboliser les 90's.
  5. David Usher : Little Songs : le canadien échappé de Moist nous livre une collection de morceaux sombres, tristes et poisseux.
  6. Peter Murphy : Holy Smoke : beaucoup d'incompréhension autour de cet album qui reste une oeuvre étrange, dépouillée et fascinante.
  7. Faith No More : Angel Dust : Patton qui braille sur un mélange de funk et de métal, et quel putain de mélange !
  8. Goo Goo Dolls : Superstar Car Wash : un album simple, honnête, qui marque dès la première écoute.
  9. Sarah McLachlan : Surfacing : l'artiste canadienne signe son disque le plus sobre et le plus somptueux.
  10. George Michael : Listen Without Prejudice, Vol. 1 : hé ouais, pourquoi pas après tout ? quand un album est excellent, il n'y aucune honte à avoir…
  11. Electronic : Electronic : Marr et Sumner sont dans un bateau qui ne prend l'eau d'aucune façon.
  12. Filter : Title Of Record : la joyeuse bande de Richard Patrick pond un album dense et bien foutu.
  13. Nine Inch Nails : The Downward Spiral : album parfois surestimé, il reste pourtant le phare du genre industriel.
  14. Chris Isaak : Forever Blue : le chrooner californien s'ancre avec bonheur dans les 90's américaines.
  15. Matchbox Twenty : Yourself Or Someone Like You : voilà du rock US solide, taillé pour durer.
  16. Sneaker Pimps : Splinter : sans doute le seul album à retenir de cette formation… mais quel album, bien glauque et fragile.
  17. Matthew Good Band : Beautiful Midnight : à Vancouver aussi, juste au-dessus de Seattle, émerge un groupe particulier et pénétrant.
  18. Counting Crows : August And Everything After : au-delà de “Mr. Jones”, cet album est truffé de pépites.
  19. The The : Dusk : le spleen des nuits solitaires retranscrit comme jamais.
  20. Francis Dunnery : Welcome To The Wild Country : un album de rock'n'roll, tout simplement !
  21. Ugly Kid Joe : America’s Least Wanted : poilant.
  22. Tori Amos : Little Earthquakes : indispensable.
  23. Curve : Cuckoo : déroutant.
  24. Neil Young : Harvest Moon : artisanal.
  25. Type O Negative : October Rust : automnal.
  26. Smashing Pumpkins : Mellon Collie & The Infinite Sadness : dantesque.
  27. PJ Harvey : Is This Desire? : saignant.
  28. Idlewild : Hope Is Important : détraqué.
  29. Pulp : Different Class : anglais.
  30. Pearl Jam : Vs. : solitaire.
  31. Lloyd Cole : Lloyd Cole : insomniaque.
  32. Sophie B. Hawkins : Tongues And Tails : épidermique.
  33. Ruby : Salt Peter : schizophrène.
  34. David Bowie : Outside : singulier.
  35. Paula Cole : This Fire : maternel.
  36. Björk : Post : électrocuté.
  37. Psykosonik : Unlearn : léché.
  38. Wolfsheim : Spectators : introspectif.
  39. Dead Can Dance : Into The Labyrinth : mystique.
  40. Prong : Rude Awakening : violent.
  41. Tom Petty & The Heartbrakers : Into The Great Wide Open : observateur.
  42. My Bloody Valentine : Loveless : sonore.
  43. Rain Tree Crow : Rain Tree Crow : nostalgique.
  44. Manic Street Preachers : The Holy Bible : adolescent.
  45. U2 : Zooropa : hétérogène.
  46. Depeche Mode : Ultra : embourbé.
  47. The Cranberries : Everybody Else Is Doing It, So Why Can’t We? : rugueux.
  48. Phillip Boa & The Voodooclub : Helios : solaire.
  49. A-Ha : Memorial Beach : humide.
  50. Bush : The Science Of Things : volatile.
  51. Crash Test Dummies : God Shuffled His Feet
  52. The Church : Priest = Aura
  53. Marc Cohn : Marc Cohn
  54. Genesis : We Can’t Dance
  55. Cowboy Junkies : Pale Sun Crescent Moon
  56. Gary Numan : Exile
  57. Temple Of The Dog : Temple Of The Dog
  58. The Gathering : How To Measure A Planet
  59. Emiliana Torrini : Love In The Time Of Science
  60. Mazzy Star : So Tonight That I Might See
  61. The Wedding Present : Seamonsters
  62. Pet Shop Boys : Behaviour
  63. Mr. Bungle : California
  64. Tindersticks : Tindersticks (II)
  65. Mesh : The Point At Which It Falls Apart
  66. Rocket From The Crypt : RFTC
  67. Hooverphonic : Blue Wonder Power Milk
  68. Garbage : Garbage
  69. Gin Blossoms : Congratulations I’m Sorry
  70. Placebo : Placebo
  71. Suzanne Vega : Days Of Open Hand
  72. Eyeless In Gaza : Bitter Apples
  73. Therapy? : Infernal Love
  74. Go Plus : Largo
  75. Bruce Springsteen : Human Touch
  76. Paradise Lost : Draconian Times
  77. Kitchens Of Distinction : The Death Of Cool
  78. De/Vision : Monosex
  79. The Flaming Lips : The Soft Bulletin
  80. The Corrs : Forgiven, Not Forgotten
  81. Sonic Youth : Dirty
  82. INXS : Full Moon, Dirty Hearts
  83. Einstürzende Neubauten : Tabula Rasa
  84. Killing Joke : Extremities, Dirt & Various Repressed Emotions
  85. Duran Duran : Medazzaland
  86. Tears For Fears : Raoul And The Kings Of Spain
  87. Paul Weller : Wild Wood
  88. Mansun : Attack Of The Grey Lantern
  89. Oasis : (What’s The Story) Morning Glory
  90. The Innocence Mission : Birds Of My Neighborhood
  91. The Jesus Lizard : Blue
  92. Pink Floyd : The Division Bell
  93. Scott Walker : Tilt
  94. Everything But The Girl : Worldwide
  95. The Lilac Time : Astronauts
  96. David Sylvian : Dead Bees On A Cake
  97. R.E.M. : Automatic For The People
  98. Jeff Buckley : Grace
  99. Youssou N’Dour : Wommat
  100. Seal : Seal (I)



100 best albums of the 2000’s - les 100 meilleurs albums des années 2000

10012010


  1. Jon Auer : “Songs From The Year Of Our Demise” : l'un des albums les plus emblématiques des années 2000, à la fois désabusé, magnifique, sombre et léger.
  2. Team Sleep : Team Sleep : comme quoi un side-project des Deftones peut aller jusqu'au sublime.
  3. Schrottgrenze : Château Schrottgrenze : s'il y a un album de pop-rock à retenir, alors il doit venir d'Allemagne.
  4. Peter Murphy : “Dust” : l'ex-leader de Bauhaus offre un testament musical mystique, oriental et ombrageux.
  5. Spain : “I Believe” : dernier album de Spain, il s'agit tout simplement de leur chant du cygne.
  6. The Fashion : “The Fashion” : le Danemark surprend et nous envoie un véritable brûlot vif et percutant.
  7. Fields : “Everything Last Winter” : un premier album splendide passé malheureusement trop inaperçu, tout en onirisme et en murs sonores.
  8. Low : “Drums & Guns” : minimalisme et fragilité enveloppent ces chansons avec une grâce rarement atteinte.
  9. Syntax : “Meccano Mind” : la grosse surprise électronique de cette décennie, avec notamment l'ultra-connu “Pride”.
  10. Recoil : “subHuman” : Alan Wilder nous offre son album le plus ambitieux et le plus travaillé.
  11. Tomahawk : “Tomahawk” : il y a une vie après Faith No More, et pas n'importe laquelle.
  12. Firewater : “The Golden Hour” :  une bohème endiablée faite d'alcools, de flirts faciles et d'argent difficile.
  13. Anna Ternheim : “Separation Road” :  le grand Nord accouche de mélopées à la mélancolie contagieuse.
  14. Vienna Teng : “Dreaming Through The Noise” : cette jeune pianiste de Vancouver parvient à tenir la dragée haute à ses prestigieux modèles.
  15. Great Lake Swimmers : “Ongiara” : tout simplement l'album folk le plus agréable et le plus simple de ces dernières années.
  16. Curve : “Open Day At The Hate Fest” : un album qui laisse éclater au grand jour la face la plus noire de ce duo sous-estimé.
  17. Puressence : Planet Helpless : un disque de rock nerveux, enragé et incroyablement interrogateur.
  18. Magne F : “A Dot Of Black In The Blue Of Your Bliss” : en dehors de A-Ha, Magne fait mieux en s'entourant des musiciens de Coldplay pour cette pop calme.
  19. Expatriate : “In The Midst Of This” : probablement la nouvelle voix du rock australien pour les quelques années à venir.
  20. Phillip Boa & The Voodooclub : “Diamonds Fall” : le chef d'oeuvre incontestable du pape du rock indé européen.
  21. Naked Lunch : “This Atom Heart Of Ours” : touchant.
  22. The National : “Boxer” : dérangeant.
  23. The Notwist : “Neon Golden” : novateur.
  24. Lindsey Buckingham : “Under The Skin” : admirable.
  25. Johnny Cash : “American IV” : respectable.
  26. Peter Gabriel : “Up” : profond.
  27. Tori Amos : “Scarlet’s Walk” : vibrant.
  28. Perry Blake : “California” : suave.
  29. At The Drive-In : “Relationship Of Command” : agressant.
  30. Camouflage : “Sensor” : rêveur.
  31. Paradise Lost : “Symbol Of Life” : solide.
  32. The Blue Nile : “High” : citadin.
  33. Deine Lakaien : “White Lies” : électro-médiéval.
  34. Blumfeld : “Testament Der Angst” : angoissé.
  35. The Fray : “How To Save A Life” : sincère.
  36. Kate Bush : “Aerial” : cerf-volant.
  37. Kashmir : “No Balance Palace” : vertigineux.
  38. Gravenhurst : “The Western Lands” : erratique.
  39. The Gutter Twins : “Saturnalia” : poisseux.
  40. The XX : “The XX” : artisanal.
  41. Blackmail : “Aerial View” : acéré.
  42. Goo Goo Dolls : “Gutterflower” : américain.
  43. The Go-Betweens : “Oceans Apart” : sémillant.
  44. Deftones : “White Pony” : pesant.
  45. Doves : “Lost Souls” : réfléchi.
  46. Tina Dickow : “In The Red” : introspectif.
  47. Lloyd Cole : “Music In A Foreign Language” : sensible.
  48. The Lilac Time : “Lilac6” : évocateur.
  49. Killing Joke : “Hosannas From The Basements Of Hell” : tonitruant.
  50. Prince : “Musicology” : funky.
  51. David Bowie : “Heathen”
  52. The Verve : “Forth”
  53. Covenant : “Northern Light”
  54. Turboweekend : “Ghost Of A Chance”
  55. Laura Veirs : “Year Of Meteors”
  56. Empire Of The Sun : “Walking On A Dream”
  57. The Postal Service : “Give Up”
  58. Keren Ann : “La Biographie de Luka Phillipsen”
  59. Dragons : “Here Are The Roses”
  60. PJ Harvey : “Stories From The City, Stories From The Sea”
  61. JohnOssi : “All We Ever Wanted”
  62. Tomte : “Hinter All Diesen Fenstern”
  63. The Finn Brothers : “Everyone Is Here“
  64. Ian Brown : “Music Of The Spheres”
  65. The Church : “After Everything Now This”
  66. Kante : “Zombi”
  67. Simple Minds : “Graffiti Soul”
  68. The The : “NakedSelf”
  69. De/Vision : “Noob”
  70. Katie Melua : “Piece By Piece”
  71. Piano Magic : “Part Monster”
  72. Bosse : “Taxi”
  73. Bat For Lashes : “Two Suns”
  74. Wild Beasts : “Two Dancers”
  75. Laura Marling : “Alas I Cannot Swim”
  76. Matthew Good Band : “The Audio Of Being”
  77. Robert Plant & Alison Krauss : “Raising Sand”
  78. Editors : “An End Has A Start”
  79. Divine Comedy : “Absent Friends”
  80. Type O Negative : “Dead Again”
  81. These Arms Are Snakes : “Easter”
  82. The Decemberists : “The Crane Wife”
  83. Björk : “Vespertine”
  84. Wilco : “Sky Blue Sky”
  85. Death Cab For Cutie : “Transatlanticism”
  86. Beirut : “Gulag Orkestar”
  87. Gjallarhorn : “Sjofn”
  88. Depeche Mode : “Sounds Of The Universe”
  89. Kings Of Leon : “Because Of The Times”
  90. Bruce Springsteen : “The Rising”
  91. Modest Mouse : “Good News For People Who Love Bad News”
  92. I Love You But I’ve Chosen Darkness : “Fear Is On Our Side”
  93. Annie Lennox : “Songs Of Mass Destruction”
  94. Frightened Rabbit : “The Midnight Organ Fight”
  95. The Presets : “Apocalypso”
  96. The Raveonettes : “Pretty In Black”
  97. Girls Against Boys : “You Can’t Fight What You Can’t See”
  98. The Shins : “Wincing The Night Away”
  99. Sights & Sounds : “Monolith”
  100. Massive Attack : “100th Window”

 




Les années 2000 : la fin d’une décennie pourrie

23122009

Je ne voudrais pas paraphraser Time Magazine ou bien redire la même chose que le Semi-autonomous Collective, mais oui, les 00's ont vraiment compté parmi les décennies les plus sombres possibles. Que ce soit d'un point de vue personnel ou global, on ne peut pas dire que les bonnes nouvelles ont plu. Depuis la première moitié de 2000 (à l'époque, j'étais encore avec ma toute première nana), j'ai bien compris que les choses allaient être un peu bizarres. Au milieu de tout ça, on peut dénombrer les saletés suivantes, qui m'ont marqué en tant que “citoyen du monde”, si j'ose dire :

  • le 11 septembre 2001 remporte facilement la palme de l'événement le plus traumatisant de cette décennie, avec en prime la consécration de l'immédiateté de la communication médiatique.
  • le règne de George W. Bush en général, et son élection frauduleuse en particulier.
  • en 2002, rappelons que Jacques Chirac se fait réélire face à… Jean-Marie Le Pen, leader du Front National.
  • les guerres en Irak et en Afghanistan et la longévité de ces conflits, en addition à la difficulté à “pacifier” certaines “régions” de ces parties du monde… vive les décisions inconsidérées.
  • les incursions répétées d'Israël dans la bande de Gaza, les provocations sanglantes, qui déboucheront à nouveau sur une guerre avec le Liban.
  • le Darfour continue de crever lentement, mais tout le monde a fini par s'y habituer.
  • quelques attentats aussi : Londres, Madrid ou Mumbai, entre autres malheureusement… on ne compte même plus ceux de Bagdad.
  • le fameux tsunami dévaste l'Asie du Sud-Est.
  • Katrina, quant à elle, dévaste le Sud des États-Unis… fallait bien choisir.
  • la crise économique s'abat sur le monde contemporain, montrant à la fois les limites et les cyniques défauts du capitalisme… du coup, au lieu de le réformer, on le garde tel quel, c'est tellement plus marrant.
  • les évolutions vertes à faire ne restent que des voeux pieux.
  • je passe sur les décès de personnalités qui ne m'ont pas laissé indifférent, ou la séparation de groupes.

Je pourrais continuer longtemps, mais je dois aussi préciser que d'un point de vue personnel, j'ai également vécu des épisodes que personne ne pourrait qualifier de franchement sympathiques :

  • génial, mes parents divorcent.
  • Nico décide de nous quitter, et nous ne savons toujours pas pourquoi… ce qui rend son absence d'autant plus douloureuse.
  • ma carrière de traducteur est en dents de scie, je me retrouve à devoir travailler dans le télémarketing à Paris… bons souvenirs de galère, mais galère quand même.
  • différentes relations plus ou moins amoureuses me permettent de tester mes limites et d'apprendre sur moi-même, dirons-nous, mais elles ne connaissent pas toujours une fin heureuse… et je n'en sors pas toujours indemne.
  • je trouve le moyen de m'embrouiller sévèrement avec mon (ex-) meilleur ami.

Mais il y a aussi de bonnes choses : une nouvelle carrière professionnelle, de nouvelles rencontres à tous niveaux, le poing dans la gueule de Berlusconi, l'élection d'Obama et les espoirs qu'ils suscitent (laissons-lui du temps, il veut réformer une bonne partie du système social américain et cela ne se fait pas en six mois), Martin Hirsch chez Sarkozy, bref, tout n'est pas sombre non plus. Simplement, par rapport aux années 90, je me dis vraiment que là, on a réussi à tirer sur la queue du Mickey. Attention, les 10's commencent bientôt… et si les 00's ont servi à redéfinir douloureusement un monde en profonde mutation, espérons que la prochaine décennie se portera nettement mieux. Ou même juste un peu, ce serait déjà ça.




Quand Californication s’affale sur son siège…

14122009

Nouveau billet de ce blog après une petite absence ! Cette fois, je m'y colle à propos de Californication, la série créée par Tom Kapinos et diffusée sur la chaîne américaine Showtime. Il faut savoir que nous en sommes à la saison 3 (il me reste simplement deux épisodes à regarder) et qu'une quatrième saison est prévue. Pour ceux qui ne connaissent pas cette série, elle raconte l'histoire de Hank Moody, un écrivain ayant autrefois connu le succès qui tombe doucement dans la déchéance. Dans la saison 1, Hank tente de récupérer sa femme Karen et de refonder une famille. Dans la saison 2, il devient le biographe du sulfureux Lew Ashby. Et dans la saison 3… ben dans la saison 3, on finit tout simplement par s'emmerder.

Parce que finalement, Californication, ça raconte quoi ? L'histoire d'un quarantenaire bien conservé qui se comporte comme un ado (ce qui rejoint de nombreux écrits et discours sur le mythe du jeunisme actuel, où on recherche l'insouciance, l'irresponsabilité et les conduites à risque), tout comme la femme qu'il aime d'ailleurs, qui baise et boit tout ce qui bouge et tente de se situer vainement entre un Charles Bukowski qui aurait lu Kant ou un personnage de Brett Easton Ellis en bien plus fade.

Je n'aurais jamais dit ça avant. J'ai avalé la première saison de Californication en un seul week-end, et j'avais vraiment adoré. Je trouvais la série originale sans être révolutionnaire, et le retour de David Duchovny (qui reste un excellent comédien) sur le petit écran était plutôt savoureux. La deuxième saison était également captivante, même si son début faisait un peu peur. Mais patatras, la troisième saison est molle. L'effet de surprise est parti, et ce n'est pas en nous montrant des paires de seins, de cuisses et de bouteilles de whisky qu'on se passionnera toujours pour les aventures de Hank, Karen, Becca, Charlie Runkle (qui devient presque le véritable héros de la troisième saison) et leurs comparses.

L'apparition de Kathleen Turner dans le rôle de Sue Collini (sorte de Lew Ashby féminin de la saison 3) ne parvient pas à pimenter le tout, car son personnage, pourtant excellemment pensé, reste bien mal exploité par les scénaristes. Le featuring ridicule et dispensable de Rick Springfield n'apporte strictement rien, et la surenchère mal inspirée d'aventures extra-conjugales (trois au total) de la part de Hank finit par faire tourner en rond la série. Seuls moments d'intérêt : quand Becca, la fille de Hank et Karen, finit par subrepticement s'élever contre l'adolescence mal digérée de ses parents et leurs comportements puérils. Espérons que la saison 4 aura un peu plus d'intérêt…




Les précieux ridicules

22102009

Heureusement que le ridicule ne tue pas, car sinon, nous aurions un gouvernement entier à remplacer ce soir. Donc ça y est, au bout d'une valse de plusieurs jours gavée de mauvaise foi, de faux arguments et de batailles nauséabondes, Jean Sarkozy a décidé (tout seul ? certainement pas…) d'abandonner sa course à la présidence de l'EPAD. La rupture promise par son président de père est donc officiellement consommée, non pas pour le pays, mais bel et bien pour la majorité et l'électorat de droite. Et dans cette histoire, il y a des perdants, et pas forcément ceux qu'on croit :

  • Frédéric Lefebvre, qui a force de vouloir cirer des pomptes (pour rester courtois) a vendu toute sa crédibilité ; on sait maintenant que cet homme est un toutou qui pourra dire tout et n'importe quoi en fonction du ton donné par le pouvoir. Après avoir contre-argumenté et donné toutes les raisons du monde pour la légitimité de Jean Sarkozy, comment va-t-il justifier cette soudaine défection ?
  • Les ministres du gouvernement en général, qui ont là encore avalé des couleuvres contre leur gré, tout en défendant quand même le fils du président, avec des arguments tous plus farfelus les uns que les autres : la jeunesse comme gage de qualité, l'expérience comme faux procès, le “fils de” comme insulte trop facile, tout cela en arguant de la qualité de Jean. Comment vont-ils maintenant tenter d'argumenter ? Comment vont-ils marcher sur la tête ?
  • Les députés UMP, qui ont bien trop fermé leur bec dans cette affaire, même si les mécontentements roulaient leur bosse du côté du Palais Bourbon. Comme quoi, à force de jouer les bénis oui-oui, on finit par perdre entièrement la face.
  • Nicolas Sarkozy, évidemment. Il stigmatisait la presse (encore une fois, mais laquelle ? certainement pas Le Figaro), il accusait, il annonçait qu'il ne reculerait pas… et le voilà qui recule, qui perd la face à la fois devant son gouvernement, devant sa majorité et devant les électeurs. Très belle gamelle.

Et puis, il y a les gagnants, heureusement ou pas :

  • Benoît Hamon, qui a malheureusement rebondi sur Marine Le Pen, mais qui doit maintenant jubiler ce soir ; il montre que la critique au PS doit être plus virulente et plus appuyée.
  • Marine Le Pen, qui asseoit sa succession possible au FN.
  • Les Sarkosceptiques de droite, à savoir Patrick Devedjian (qui doit boire du petit lait, puisqu'il avait précisément été écarté de l'EPAD au profit de Jean Sarkozy) et Jean-François Copé, qui pourront maintenant faire entendre leur voix avec plus de légitimité au sein de la majorité.

A demi-mandat, en tout cas, Sarkozy montre que son style surexcité s'essouffle, et que l'hyperprésidence commence à ressembler à une hypoprésidence…




Cette droite qui se fissure

15102009

Depuis quelques semaines (depuis, en fait, la rentrée parlementaire), les bourdes de la galaxie Sarkozy s'accumulent petit à petit. Non pas que ces bourdes puissent permettre à une gauche en plein rafistolage de rebondir sur la scène politique nationale ; au contraire, celle-ci témoigne pour l'instant d'une cruelle incapacité de s'opposer sur le fond comme sur la forme. Comme le précise cette intéressante bafouille de lemonde.fr, plusieurs dossiers risquent de mécontenter l'électorat idéologique traditionnel de l'UMP, au risque de le repousser soit vers la droite (FN, MPF), soit vers le centre (Modem ?). Alors que l'on évoque de plus en plus le dossier 2012 et son élection présidentielle de plus en plus intrigante, la Sarkozie risque de devoir se purger et se définir, au risque de devoir faire face à une tripotée d'opposants internes qui n'attendent qu'une chose : en découdre avec les trahisons de Sarkozy, pour les uns, ou remettre à flots la mémoire politique héritée de la Chiraquie, pour les autres.

La possible nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD tout comme le manque d'explications concernant la taxe carbone ou la suppression de la taxe professionnelle vont permettre à certains ténors de la droite de se faire à nouveau entendre. Car si Sarkozy a des amis (ou plutôt des sbires), il a aussi d'anciens compagnons qui digèrent mal son manque d'ouverture à droite, comme Jean-François Copé ou Patrick Devedjian, pourtant toujours influents dans le parti. L'affaire Mitterrand risque également de dégoûter certains électeurs de droite : entre népotisme, fiscalité incompréhensible et histoire de moeurs, la frange populaire de l'électorat sarkozyste aura peut-être envie d'aller voir ailleurs.

Mais à mon humble avis, la surprise pourrait bien venir d'Alain Juppé (”le meilleur d'entre nous”, d'après Chirac), ancien dauphin de Jacques Chirac, autrefois éclaboussé par ses affaires au point de devoir se faire oublier pendant une année au Canada, avant de redevenir à nouveau maire de Bordeaux. L'ancien premier ministre, pourtant impopulaire à son époque, pourrait surfer sur le mécontentement d'une partie de l'électorat de droite et des élus UMP pour revenir au premier plan. Qui plus est, son seul adversaire plausible, Dominique de Villepin, reste pour l'instant hors d'état de nuire…




Payer les élèves pour aller à l’école…

3102009

En France, notre gouvernement n'est plus à une aberration près. Après avoir un temps pensé à introduire la police et/ou l'armée à l'école (modèle de société autoritaire), on a finalement opté pour une autre solution, emblématique d'un autre vice de notre société : payer les petiots (modèle de l'argent roi). Déjà que les sociologues et les pédagogues s'époumonnent à affirmer que l'argent roi renforce les discriminations sociales (tous les travaux sur le port des marques à l'école, notamment), c'est sûr que maintenant, les valeurs universelles de l'UMP vont pouvoir être inculquées dès le plus jeune âge. Et cela ne fera pas mentir Jacques Séguéla : bien avant cinquante ans, nos charmants banbins auront une Rolex et n'auront donc par définition pas râté leur vie.

Et que les défenseurs du gouvernement ou ceux qui ont voté Sarkozy pour de toutes autres raisons ne viennent pas me dire que c'est une solution tout à fait bien pensée pour remédier à l'absentéisme et à l'analphabétisation galopante ; qu'on soit libéral ou conservateur, je pense qu'on peut globalement tous s'entendre sur une chose : l'école est un droit universel, car il permet à l'individu de s'éduquer, de se sociabiliser et de se cultiver. Payer les élèves pour qu'ils y aillent, c'est admettre plusieurs choses :

  1. le système scolaire tel qu'il existe n'est pas suffisamment motivant et est donc en complet décalage avec les impératifs sociétaux que les élèves retrouvent en dehors de l'école ;
  2. il faut maintenant payer les individus pour qu'ils daignent accepter d'accéder à un droit élémentaire ;
  3. l'argent facile a finalement gagné, et en payant certains élèves difficiles, on ne fait que rentrer en concurrence avec leurs possibles activités criminogènes.

Dans tous les cas de figure, j'ai mal à mon école républicaine. Qu'on la laisse crever, qu'on refuse de réformer les programmes, c'était déjà difficile ; mais qu'on la rende maintenant inopérante et inutile (pire encore, qu'on l'admette publiquement) au point de dire à des jeunes qui ont déjà abandonné toute foi en elle : “allez viens, vas-y, j'te file 1000€ si tu vas t'asseoir en cours”, je trouve ça vraiment immonde, dans tous les sens du terme.

Sans vouloir rejouer le film de l'Empire Romain décadent et les oiseaux de mauvais augure, je pense qu'une société qui a besoin de payer les gens pour qu'ils acceptent d'être éduqués, cultivés, sociables et rendus intelligents, c'est une société qui est clairement en train de crever. De crever du fait que pour elle, les seules valeurs sont le fric (valeur que l'UMP et les dealers de shit de Créteil partagent finalement de façon tout à fait fraternelle, quand on y réfléchit), le succès immédiat et l'effort moindre. Alors dans ce cas de figure, à quoi bon s'intéresser à Platon, la géopolitique de la Prusse ou les oeuvres poétiques de Yeats quand finalement, on a juste besoin d'un nouvel iPod et que la seule culture qu'on souhaite partager est nourrie à grands coups de Secret Story ? J'aime pas avoir l'air d'un vieux con, mais là, je pense simplement qu'il faut des bases saines et équilibrées à toute société pour qu'elle avance. Et viser l'école, c'est viser les fondamentaux même du lien social et de ses cohérences.

Autre chose : que va-t-on dire aux pays en voie de développement, si d'un côté on essaie de trouver des fonds pour leur construire des écoles, alors que de l'autre, on paye nos écoliers pour pouvoir s'y rendre ? Où est la cohérence ?




AION

28092009

J'étais très sceptique… je suis plutôt traditionnellement ce qu'on appelle un “woweur”, soit un joueur de World of Warcraft, le MMORPG le plus vendu au monde, mis sur le marché par la société Blizzard ; et quand un autre MMORPG se présente et prétend concurrencer ce mastodonte mêlant jeu de rôle, monde médiéval et mythologie fantastique, j'ai de quoi froncer les sourcils.

Qui plus est, je m'étais déjà fait avoir avec Warhammer Online, un jeu aussi laid qu'il était désagréable, et qui entendait pourtant se poser en concurrence direct de WOW… il y a de cela un an. J'y avais joué à peine une semaine, en évoluant dans un monde sombre, peu attractif et qui officiait comme une version low-budget de WOW. Bref, une erreur doublée d'une horreur.

Pour AION, j'étais donc plutôt prudent. D'un point de vue technique, j'avais raison : NC Soft, qui est pourtant l'éditeur de la série des Guild Wars qu'on ne présente plus et qui souhaitait clairement tenir la dragée haute à WOW avec son nouveau venu, ne s'était visiblement pas préparé pour les effets du buzz qu'il nourrissait : dès la sortie du jeu, les serveurs se mirent à planter, et le site officiel lui-même connut pendant un moment une inactivité technique.

J'ai râlé beaucoup, par mail notamment, car il existe de nombreux désavantages techniques à jouer à AION : l'activation du compte se fait après plusieurs heures, les serveurs, saturés dès la première semaine, demandent parfois plusieurs heures d'attente avant de pouvoir supporter la connexion… bref, de ce point de vue, c'est un fiasco. Mais j'imagine qu'après la période de sortie de ce jeu tant attendu, NC Soft saura tirer les leçons appropriées.

Une fois dans le jeu, on se rend compte que l'attente en valait la peine. AION est clairement un jeu magnifique, avec un personnage qu'on personnalise dès la création et qui peut choisir différents chemins d'évolution. Moins rigide que WOW (les quêtes à suivre ne souffrent pas vraiment d'une grande souplesse), AION permet au joueur d'évoluer dans un univers proche de celui des Final Fantasy et de permettre au personnage de faire des choix qui changeront le cours de son histoire et des quêtes à suivre. Qui plus est, le concept PvPvE (Player versus Player versus Enemy) auquel je n'ai pas encore eu le loisir de goûter a l'air plutôt sympa… donc mis à part le prix (50€, quand même, avec un mois gratuit), l'abonnement mensuel (qui d'après NC Soft ne devait même pas avoir lieu) et les soucis techniques vraiment en-dessous de tout, c'est clairement un jeu à tenter… et à adopter, en attendant Cataclysm, la troisième extension de WOW.

Trailer !




Shrimps VS Mankind

19092009

La bande-annonce de District 9 m'avait intrigué, mais je ne pensais pas du tout me retrouver devant un film de cet acabit. On renoue avec de la science-fiction intelligente, dont le but n'est pas seulement de se la jouer Alien versus Predator, mais de poser de véritables questions de société. Les aliens du film, bien que dérangeants au début, deviennent sympathiques au fur et à mesure que le film avance, et on comprend vite que leur présence est avant tout un prétexte pour poser les questions vis-à-vis de toutes ces questions qui garnissent nos gazettes en ce début de millénaire : accueil de populations migrantes, immigration massive et clandestine, traitement de cette immigration, gestion de centres d'hébergement provisoires où sévissent trafics divers et ghettoisation galopante…

Bref, tout y est, et on finit par suivre une histoire qui nous échappe, comme elle semble bel et bien échapper aux protagonistes principaux, à savoir un humain et un alien. L'un comme l'autre se retrouvent embarqués dans des situations qui les dépassent, l'un comme l'autre se trahissent, reviennent sur leurs paroles, choisissent le Bien ou le Mal en fonction du contexte et de leurs intérêts immédiats ou de leurs peurs. Aucune morale à la fin de l'histoire, pas de happy end, juste la sensation d'avoir été touché par des questions et des réalités qu'on a souvent du mal à délimiter ou qui nous sont servies comme de la soupe chaude dans les médias les plus populaires.

Bref, Peter Jackson signe la production d'un film intelligent et dynamique, fin comme du Philip K. Dick et extrêmement cru, servi par la réalisation d'un Neill Blomkamp qui n'hésite pas à adopter les formules du documentaire ou de la caméra à l'épaule pour mettre en scène un réalisme violent et brut de décoffrage. District 9, c'est bien plus qu'un film d'extraterrestres ; on finit par simplement se demander qui des humains ou des “crevettes” sont les véritables aliens…

Et hop, bande-annonce !




Mississippi

27082009

Vu que je suis en train de redécouvrir un peu Paula Cole, autant en faire profiter les autres… surtout s'il s'agit du sublime Mississippi, tout à fait dans la veine des artistes Lilith Fair des années 90. Et comme le morceau parle de lui-même, je vais vous laisser le découvrir grâce à mon pote ToiTube.

Enjoy!